Notre Reine
- Stefan Tanase

- Jan 2
- 4 min read
Updated: Jan 23
Aujourd'hui, je suis rentré de l'école comme d'habitude vers 13h. Depuis quelques jours, il neige et il fait très froid. Dans la cuisine, ma grand-mère a préparé une tarte à la citrouille. C'est ma préférée. Il fait chaud ici et ça sent très bon. J'ai une faim de loup. Mon grand-père arrive en entendant nos voix. Il est curieux de savoir comment a été notre journée à l'école et ce que nous avons appris.
Ensuite, je fais mes devoirs et je me préparer pour le lendemain. Après avoir terminé, je vais me détendre dans la chambre de mon grand-père. Dehors, le vent souffle trop fort pour nous jouer au-dehors. Je m'assois dans son fauteuil près de la cheminée et je m'endors lentement. Il lit un livre et je ne veux pas le déranger. Je pense que j'ai dormi environ 30 minutes, mais quand je me réveil j’ai l’impression que c’est déjà le matin.
Je me réveille, je suis seul et je vois le livre de mon grand-père sur le lit. Je regarde la couverture et je feuillette un peu. C'est un livre sur "Reine Maria" et la guerre. Hmmm..Intéressant !
La Reine Maria était l'épouse du roi Ferdinand I de Roumanie, pendant la période 1914–1927, exactement pendant la Première Guerre mondiale. Quelle période difficile pour la famille royale ! C'était une femme forte, malgré les temps difficiles. Elle a lutté pour le peuple roumain et elle était un symbole d'espoir.

Les vieilles illustrations attirent mon attention. J'imagine comment était la vie à l'époque de Reine Maria, comment les gens s'habillaient, comment ils célébraient des événements importants.
Tout d’un cout je me rappelle un détail très important et je sors rapidement. Je me souviens avoir vu dans l'étable un document avec la signature du roi. Je vais voir si c'est la signature du roi Ferdinand.
Je cours dans la neige, j'ouvre la porte sur le mur et j'ouvre la boîte en bois avec les vieux documents. Je sors le document jauni et je regarde dans le bas de la page. Il y avait une signature au stylo : Ferdinand. Incroyable! Pourquoi mon grand-père garde-t-il ce document ici ? Je pense qu'il ne sait pas que cette boîte est dans cette vieille étable.
J'entends Diana qui m'appelle. Je crois qu'elle m’a vu sortir en courant de la maison. Elle a découvert mes traces dans la neige et elle vient vers l'étable. Je ne veux pas qu'elle découvre mon endroit secret. Je me cache rapidement dans la cheminée, pour ne pas me trouver.
Tout à coup, je sens que je tombe dans le vide et je n'arrête pas de tomber. C'est si étrange... Je me réveille dans une grande salle d'un vieil hôpital. Les infirmières courent entre les lits des patients. Des soldats entrent avec des brancards portant des blessés. J'ai très peur. Toute cette agitation et ces gens souffrants me provoque un sentiment de panique. Personne ne me remarque. Ils n'ont pas de temps pour moi.
Je vois une dame entre dans la salle. Elle est habillée en blanc avec une longue robe. J'ai remarqué son regard. Un homme a crié doucement depuis son lit : Notre Reine! C'était bien elle, Reine Maria. Je l'avais déjà vue quelque part. Étrange, je ne me souviens plus. OU est quand j’ai vu ce regard ?
Je me dit: «Une Reine ici, dans ce salon , habillé comme ca ? Mais pourquoi ?» Je croyais que les rois et les reines vivent dans des palais, peu importe si c'est la paix ou la guerre. Les soldats l’appelaient « la Reine Soldat » ou « la Mère des Blessés ». Elle avait des lettres pour les soldats et des biscuits dans un petit sac. Elle passe près de quelques soldats et elle leur lit les lettres de leurs familles. Les gens sourient et ils oublient de la souffrance. Quelle transformation ! Quel espoir ! Elle distribue des biscuits à tout le monde et puis cherche des bandages pour nettoyer les blessures. Son regard était si chaleureux.
Quand elle a fini de bander, elle me regarde tout droit dans mes yeux. J'ai été tellement ému, je me suis caché dans un coin d'un lit et j'ai fermé mes yeux. J’ai eu l’impression d’entrer dans un tunnel. Je montais, je tournais, puis tout s’est arrêté. Il y a du silence. J’entends le vent et la porte de l’étable. J'ouvre la lourde porte de fer de la vieille cheminée et je sors. J'avais froid et je rentre rapidement dans la maison. Mon grand-père me regarde surpris et je lui dis:
« Papy, s'il te plaît, je veux aussi lire ce livre sur Reine Maria! »
« Oui, Stefi ! C'est urgent? »
« Si possible, j'aimerais commencer tout de suite. »
Il me le donne et je cours dans ma chambre. Je recommence à regarder les photos et je les analyse. J'arrive même à cette photo, l'image de la Reine au bord du lit du soldat blessé. Là où j'étais tout à l’heure.

Je lis en-dessous de la photo ces phrase :
« Nos officiers et soldats de Mărăşti et Mărăşeşti n’oublieront jamais sur terre ni dans le ciel la Reine Marie de Roumanie, mère des blessés. Ils ne l’oublieront pas et la glorifieront éternellement, car elle a apaisé leurs douleurs physiques et allégé leurs souffrances morales ; pour cela, tout le peuple roumain doit porter à la grande Reine un amour reconnaissant et chaleureux, et les générations futures doivent lui conserver un souvenir éternel. »
Source : Ion I. Nistor, Histoire des Roumains, vol. II, Bucarest, 2003, p. 311.
J'étais si fatigué, comme si j'avais couru un marathon. Je me suis endormi avec la joue sur le livre.
Ci-dessous quelques illustrations du livre :









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